Niveau mangas français, Debaser est franchement en haut du classement. Ça dépote sévère comme un bon pogo (gros chahut dans un concert, un bordel sans nom où t’es dég si tu ressors pas avec quelques bleus).

La série comporte 8 tomes et l’aventure continue après sur Spunch comics (le lien du tome 9). Elle fait partie des titres de lancement du label 619 chez Ankama, autant dire que ça annonce la couleur. L’auteur s’appelle Raphaëlle de son vrai nom, sinon c’est Raf (anciennement Rafchan).

Le pitch est simple. Après l’élection présidentielle de 2007, la France est devenu une société futuriste et ultra consumériste. Tous les marginaux ont été relégués dans des quartiers où ils sont cantonnés et en première ligne les rockeurs. La seule musique qu’on peut encore écouter, c’est une pop niaise et édulcorée, sans caractère et sans diversité. Dans cette dystopie toute rose à fleurs, l’intelligence n’est plus une vertu. Là dessus débarquent Anna et Joshua. Ce sont des debasers. Ils peuvent se battre avec la musique et vont bien s’en servir pour foutre le plus de bordel possible.

Debaser c’est la revanche du rock qui emmerde tous ceux qui veulent le réduire au silence. C’est rythmé comme un bon solo de batterie, sans aucun temps mort. Le dessin est super expressif et s’accorde parfaitement avec l’ambiance foutraque du manga. Ça part dans tous les sens et c’est excellent. Dès le tome 2 on commence à picoler avec toujours plus de bonne musique. Loin de Beck et son rock de maman ou du mignon petit Woodstock, Debaser est un concentré de gros riffs, de nichons, d’humour second degré qui frise l’impertinence mais parfois aussi bien con comme on l’aime et d’une énergie de feu. Derrière son ton provocateur et ses phrases grinçantes, Debaser est tout de même une critique sociale qui ne mâche pas ses mots. Derrière la déconnade, c’est la résistance à la soupe culturelle qui prend doucement le pas sur la créativité et la rage de vivre qui rend Debaser aussi passionnant.

Une série courte mais intense qui ne laisse pas indifférent et donne envie de se précipiter au concert de punk le plus proche. Let’s rock Again!

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