Avez-vous déjà entendu parler de l’urban fantasy? Comme son nom l’indique, c’est de la fantasy mais dans un cadre urbain. Et la plupart du temps c’est punk et poisseux, rempli de punchlines rock’n’roll et j’adore ça. C’est dans cet esprit que je vais vous présenter quelques uns de mes romans préférés. Ça va chier des bulles.

 

Butcher Bird de Richard Kadrey

Spyder est tatoueur. Après une rupture difficile (celle du genre à être noyée dans la tequila), il fait la rencontre d’une princesse d’un autre monde tueur de démons. Mais dès le lendemain, le coup d’un soir se transforme en véritable épopée quand Spyder découvre que le monde est plein de créatures étranges et pas toujours amicales. Dans une atmosphère brûlante et électrique, Richard Kadrey développe une intrigue solide entre pains dans la gueule et humour raffiné. Au final, c’est un joli cocktail bien déjanté rempli de démonologie et de dialogues dignes des plus beaux Tarantino. Et en plus les scènes de carnage sont vachement bien.
Richard Kadrey a aussi écrit la série Sandman Slim qui est absolument excellente. Seulement le premier tome est traduit en français. Il constitue une histoire à part entière qui parle de vengeance, d’enfer, de bar tiki-punk, de magie, de démons, de vidéoclub, de tête coupée qui parle, d’alchimie, de créatures dangereuses et aussi de garde-robes entières réduites en lambeaux

 

Rien ne nous survivra, Le pire est avenir de Maïa Mazaurette

La révolution a eu lieu, mais pas celle des exploités contre les profiteurs, celle des jeunes contre les vieux. Paris est un champ de batailles entre les moins de 25 ans et leurs ainés mais dans cette gigantesque fête à ciel ouvert, le temps est compté. La liberté ne dureras pas longtemps et il ne reste que 100 jours aux jeunes fous pour profiter avant de tomber. C’est dans cette atmosphère de poudre, de béton, de cendres et de violence que Silence et l’Immortel jouent au chat et à la souris. Les deux snipers se chassent sur les toits parisiens et sont pour l’auteure le moyen de nous livrer sa vision de notre société actuelle, piétinant la morale au passage, entre humour corrosif et cynisme mordant. Ça retourne et c’est génial, parfois puéril mais surtout magnifique.
« Quand une personne comme Silence nait, le monde se déséquilibre. Il faut une authentique pourriture pour compenser la grâce.
Évidemment ce sera moi. »

 

Moi, Lucifer de Glen Duncan

Lucifer vous présente sa métaphysique dans cette autobiographie à la fois profonde, malsaine, hilarante, poétique et vulgaire. Jésus a bien eu droit à son livre, pourquoi pas lui? Incarné pendant quelques temps dans le corps d’un écrivain raté qui vient de se suicider, Lucifer est bien décidé à laisser sa trace en profitant de pas mal de plaisirs charnels au passage. Au travers de ses pensées enchevêtrées et de milliers de digressions, Glen Duncan nous plonge dans l’intimité de Lucifer pour qu’il nous livre sa version des faits. Il veux tout dire, tout ce qu’il a gardé au fond de lui depuis des millénaires. C’est un livre hilarant et dérangeant qui est à la fois un concentré d’humour caustique et délicieux et une réflexion sur la foi chrétienne dans notre monde moderne. Le style parlé de l’écriture m’a beaucoup plu mais ça peut déranger. L’avantage c’est que c’est plus facile à lire.
« Un mot sur l’humanité – et j’y vais franco, hein. Je suis tombé raide dingue de vous, instantanément. »

 

Évadés de l’Enfer! de Hal Duncan

C’est le seul livre que je connaisse où les héros meurent dans le prologue, logique puisque tout le roman se passe en Enfer. Et cet Enfer est comme une copie de New-York, celle issue de vos cauchemars, une copie inversée, inhumaine. L’Enfer est la pire des prisons, celle dont on ne sort pas et où on est brisé à petit feu. Sauf que Eli, Belle, Matthew et Seven n’ont qu’une envie : fuir! C’est juste haletant, comme un film d’action qui va crescendo, comme au cinéma. Les rebondissements, ruptures et retournements s’enchainent avec l’apparition de personnages hauts en couleur. Ici, pas spécialement de réflexion mais une surenchère de baston, d’ambiances glauques, de feux d’artifice, et d’effets spéciaux. C’est crade, sanglant, violent, malsain, juste génial.

 

Autobiographie de la mort de George Pendle

C’est à un anglais que la Mort s’est confiée pour raconter sa vie dans une autobiographie pleine de révélations. Premier scoop, la Mort est un homme. Au travers de ses mémoires, vous apprendrez comment cet être incompris né en enfer a longtemps cherché sa voie avant de se découvrir une véritable vocation, précipiter les âmes dans les ténèbres. Vous découvrirez aussi son enfance maltraitée, son addiction presque fatale à la vie et sa douloureuse cure de désintoxication, ses liaisons avec des vivants, les sévices subis entre les griffes des Cavaliers de l’Apocalypse et les dessous pas très propres de l' »affaire Jésus ». La Mort se livre avec une franchise désarmante et nous livre au travers de sa vie une véritable histoire de l’humanité. Le ton est franchement drôle et plein de dérision. Chacun en prend pour son grade dans une foule de détails croustillants. Rajoutez à ça une qualité d’écriture bluffante au service de nombreux fous rires, et c’est parfaitement désopilant. Promis juré.

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