La Main Droite de Lucifer est un chouette manga qui casse pas trois pattes à un canard mais fait passer un super bon moment.

La série ne fait que 6 tomes, pas un gros investissement donc. Naoki Serizawa (qui a déjà fait Saru Lock) ne s’y perd pas en détours inutiles et introduit chaque personnage dans un univers réaliste, brut et saisissant. La Main Droite de Lucifer est paru aux éditions Ki-oon de 2013 à 2014 mais la publication (et prépublication #ouijailuBakuman) japonaise a eu lieu entre 2010 et 2011.

Yû Katsumi est médecin. Lorsqu’il revient au Japon après 3 ans d’absence, il a perdu la foi et se refuse à exercer. Alors qu’il travaillait pour une ONG en Afrique, Yû a été pris dans une rébellion. Au cœur d’événements tragiques et pour protéger ses patients, il brise son serment d’Hippocrate et ramasse une arme. Cette expérience le laisse dévasté et pour toujours se souvenir de son péché, il se fait tatouer un ange déchu sur le bras. Tombé au fond du trou et convaincu qu’il ne peut même plus prétendre au titre de médecin, il ne réussit pas à ignorer un blessé devant lui et se fait embrigader dans la clinique du Dr Minamoto. Dans cet établissement étrange qui soigne les yakuzas pour pouvoir accueillir gratuitement ceux dans le besoin mais incapables de payer, il pourra enfin trouver un chemin vers la rédemption.

Le tome un constitue surtout une mise en place de la scène qui va accueillir les péripéties de notre héros. On le découvre, lui et son fardeau, ainsi que les personnages qui vont l’accompagner tout au long de la série, le Dr Minamoto et Eriko, la réceptionniste. Les personnages qui s’ajoutent au casting tout au long de la série sont tous très chouettes. Ils ont chacun leurs forces et leurs faiblesses qui les rendent profondément humains et d’autant plus attachants. Ce sont pour la plupart des marginaux, des excentriques qui ne trouvent pas leur place dans le système, mais vont en trouver une dans la petite clinique Minamoto. La série est constitué de plusieurs histoires courtes qui s’enchainent les unes après les autres tout en réussissant à éviter l’effet catalogue d’aventures qu’on retrouve dans certains mangas. Le talent de l’auteur est de réussir à faire que La Main Droite de Lucifer ne soit ni un manga médical ni un manga de yakuzas mais nous plonge dans les deux univers simultanément. Du coup aucun ne prend trop de place et on n’a ni l’impression d’un exposé de médecine illustré, ni celle d’une démonstration de violence et d’injustice permanente. L’histoire se situe pile entre les deux et mélange très bien ses deux facettes. Autre force de la série, la violence n’est pas reine, elle est dénoncée  tout comme l’injustice, et même si elle est très prégnante, elle n’est tout de même pas omniprésente. On a droit à un peu de douceur et de tendresse merde!

Le trait assez réaliste pour un manga amplifie le réalisme de l’histoire et parfois sa dureté. Certaines situations sont tout de même franchement exagérées.  Personnellement j’aime beaucoup ce style de dessin assez fin, il n’épargne pas les personnages, même le héros. Personne n’est beau quand il pleure, quand il souffre ou quand il a peur. C’est ce réalisme dans un style quand même typiquement manga que j’aime beaucoup.

Quelques lignes sur le tatouage du héros qui me semble être assez mal traité. Il a énormément d’importance au début de la série où Yû l’exhibe régulièrement (d’ailleurs on a pas trop de grandes poses artificielles dans les pages à part là) mais dès la fin du tome 1, on en entend plus parler. Étant donné la symbolique du tatouage au Japon, l’importance de la rédemption pour Yû, la façon dont il refuse d’oublier ses péchés et mon goût personnel pour le tatouage, cette façon d’oublier le tatouage de l’ange déchu censé le représenter sur le bras de Yû m’a un peu déçue. Si vous aimez bien le tatouage et le Japon je vous conseille la BD Tebori d’ailleurs, j’en reparlerai quand je les aurai tous lus!

Pour conclure, La Main Droite de Lucifer est une série très chouette. Elle a de nombreux points forts, des personnage attachants, une intrigue à la croisée de deux mondes, un univers sombre sans être pessimiste et surtout une histoire tout de même pleine d’humanité puisque Yû ne veut qu’une chose : sauver des gens.

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