The Dictionary of Obscure Sorrows (Le Dictionnaire des Douleurs Obscures)est l’oeuvre de John Koenig. Un abysse de nouveaux mots pour décrire des émotions, des situations, des sentiments qui traversent notre existence mais restent innommés. Comme un explorateur nomme de nouvelles espèces qui ont toujours été là mais que l’on a jamais remarquées, John Koenig a créé des mots, des noms pour ce qui n’en avait pas. Pour combler les trous dans le langage. Tous ces n’ont pas été créés pour être utilisés, mais juste pour exister pour eux-mêmes. Ils permettent de donner un peu d’ordre dans le chaos de ce qui n’a pas de nom. Les mots influencent notre façon de penser. Alors de nouveaux mots ce sont de nouvelles portes pour penser autrement, autre chose.

J’ai découvert The Dictionary of Obscure Sorrows avec une vidéo de TEDx (ici!). J’ai adoré l’idée. Je suis allée voir et j’ai été soufflée par tant d’idées. L’entreprise a démarré en 2009 et se poursuit encore aujourd’hui sous la plume de John Koenig. C’est magnifique, il faut juste comprendre l’anglais. Que ce soit dans son immense compendium (blog si vous préférez mais ça fait moins classe) ou sa websérie sur Youtube, John Koenig développe un dictionnaire poétique absolument extraordinaire. Tous les mots semblent réellement exister depuis des siècles dans des langues qui nous sont inconnues. Visite après visite, vous pouvez enrichir votre vocabulaire d’expressions que personne ne connait, rien que ça c’est chouette. The Dictionary of Obscure Sorrows a aussi une page Facebook avec de petites actus plutôt chouettes.

Et en plus, on s’y retrouve dans ces définitions. C’est ça qui m’a touché tout particulièrement. Quelqu’un a enfin mis des mots sur des émotions que j’avais déjà ressenties mais dont je n’avais pas eu conscience jusqu’à présent, faute de nom pour y penser. Et après les avoir découvert, j’ai juste envie d’avoir plus de définitions, plus de mots, plus de nuances encore pour penser et voir les choses à travers une nouvelle perspective. De la même manière que certains mots n’ont pas de traduction d’une langue à l’autre, enrichir son vocabulaire c’est s’autoriser à expérimenter plus, au moins dans sa tête. Et ça, c’est chouette quand même.

Avant de vous souhaiter une bonne exploration, voilà les trois premières définitions qui m’ont frappées et la traduction que j’en fait (au plus proche de l’original mais modifié un peu pour bien sonner en français). Dites-moi si vous en voulez d’autres.

 

lachesism

n. the desire to be struck by disaster—to survive a plane crash, to lose everything in a fire, to plunge over a waterfall—which would put a kink in the smooth arc of your life, and forge it into something hardened and flexible and sharp, not just a stiff prefabricated beam that barely covers the gap between one end of your life and the other.

n. le désir d’être frappé par un désastre—de survivre à un accident d’avion, de tout perdre dans un incendie, de plonger dans une cascade—qui créerai une anomalie sur la route harmonieuse de votre vie, la transformerait en quelque chose d’endurci, de flexible, de tranchant, qu’elle ne soit pas juste un chemin préfabriqué recouvrant à peine le fossé entre les deux extrémités de votre vie.

 

onism

n. the frustration of being stuck in just one body, that inhabits only one place at a time, which is like standing in front of the departures screen at an airport, flickering over with strange place names like other people’s passwords, each representing one more thing you’ll never get to see before you die—and all because, as the arrow on the map helpfully points out, you are here.

n. la frustration d’être bloqué dans un seul corps seulement à un endroit à la fois, comme se tenir face à l’écran des départs d’un aéroport, vacillant entre des noms de lieux étranges tels les mots de passe d’autres gens, chacun représentant une chose de plus que vous ne pourrez voir avant de mourir—et tout cela parce que, comme le point sur la carte, vous êtes là.

 

La dernière est une vidéo, celle pour morii, le désir de capturer une expérience passagère, de mettre la vie en pause à chaque photo dans un monde bloqué sur play.

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